1980

L’année d’Une lune entre deux maisons. Année charnière à tous points de vue. Si le spectacle s’impose discrètement au Québec dans le milieu du jeune public, il est beaucoup joué dans les écoles, les garderies… Plus de 100 représentations en deux ans. Ils ont trois ans, quatre ans, cinq ans les spectateurs de ce spectacle et pas encore les structures cognitives pour remettre dans leurs mots l’ordre chronologique des situations, mais leurs dessins sont d’une éloquence lumineuse : ils écoutent du début à la fin sans jamais perdre le fil, ils voient tout, entendent tout et retiennent les plus petits détails… Le cadenas sur la porte, les cordes de guitare en guise de barreaux, la fenêtre ton sur ton de la maison de Plume… Sur chaque feuille, sont mis côte à côte le soleil et la lune, les maisons ouvertes et les maisons fermées, le papillon si discret dans son traitement, mais lien essentiel entre Plume et Taciturne. Bien plus, les dessins vibrent des stimuli sonores… aussi importants que les stimuli visuels (musique, bruits et silences rassurants ou inquiétants). Les enfants ont réussi presque magiquement à donner à leurs dessins la dimension sonore du spectacle.

Une lune entre deux maisons, mise en scène Léo Munger et Gervais Gaudreault, Le Carrousel, 1979. Suzanne Lebeau. Georgette Rondeau Photo: Michel Fournier

Une lune entre deux maisons, mise en scène Léo Munger et Gervais Gaudreault, Le Carrousel, 1979.
Suzanne Lebeau, Georgette Rondeau
Photo: Michel Fournier

Tournée, administration, animation, gestion, nous faisons tout, car il n’y a pas encore d’équipe permanente. Ceux qui travaillent au Carrousel le font bénévolement à part les concepteurs et les acteurs qui ont des cachets! Quand donc avons-nous versé le premier salaire et à qui?

Seul notre comptable pourrait nous le dire… mais Émile qui nous conseillait si judicieusement (CSST et autres dossiers… On cotisait à la CSST, grâce à Émile, quand un de nos techniciens s’est blessé à la Salle Fred-Barry… Même les directeurs du Théâtre Denise-Pelletier nous ont trouvé très avisés…), Émile est à la retraite, sûrement heureux d’y être. Il suivait la compagnie de près et nous traitait… comme des amis.

2 réflexions au sujet de « 1980 »

  1. Joubier

    Cher(e)s vous,
    Quel plaisir de lire ces chroniques de votre parcours et toutes la passion que je sens à travers cela. Nos routes se sont croisées pour ne plus se quitter des années plus tard, mais je trouve que cela mériterait la parution de ces chroniques sous forme de livre car vraiment cette mémoire là est fondamentale. Je ne sais si c’est prévu mais il est important que ces souvenirs restent en mémoire longtemps, au delà de vous… L’Histoire du théâtre jeune public s’écrit aussi comme cela je pense.
    De l’autre côté de l’atlantique il fait beau, le ciel s’est juste un peu couvert ce matin, mais hier bain dans l’océan, cela revigore, température fraîche de l’eau mais cela charge en énergie avant l’hiver.
    Toutes mes salutations à toute l’équipe et au plaisir de voir nos chemins se croiser vite,
    tendresse
    Josette

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  2. Itziar Pascual

    Queridos amigos de Le Carrousel.
    Gracias por la tarea de hacer experiencia y hacer memoria. Gracias por cuidar la memoria.
    Voy a participar en un evento, promovido por Acción Educativa, en La Casa Encendida de Madrid, donde intentaré compartir con un grupo de profesores, la historia, las huellas y el camino de Le Carrousel, y en especial de las palabras de Suzanne.
    Un enorme abrazo y ¡Feliz cuarenta aniversario!¡
    Itziar

    Répondre

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